Biopterre tente de trouver les meilleurs cultivars de noisetiers en vue de lancer la culture commerciale de la noisette au Bas-Saint-Laurent. Photo : Radio-Canada/Julie Tremblay

La noisette pourrait devenir l’un des produits phares du Bas-Saint-Laurent, au même titre que le bleuet au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Une vingtaine de noiseraies expérimentales ont vu le jour cet été dans les huit MRC de la région dans le but d’en faire des cultures commerciales.

« La noisette est en quelque sorte dans l’ADN de la population du Bas-Saint-Laurent », affirme le chargé de projet chez Biopterre, Maxime Tardif. C’est pourquoi cette noix a été choisie pour tenter de développer un produit qui représente le Bas-Saint-Laurent et ses habitants.

«Tout le monde a une histoire à raconter avec la noisette : quand ils étaient petits, avec leurs grands-pères, leurs parents, d’en acheter sur le bord de la route […] C’est vraiment un produit qui est inscrit dans l’imaginaire de tous, ici.»

Maxime Tardif, chargé de projet chez Biopterre
Le projet, piloté par Saveurs du Bas-Saint-Laurent, Biopterre et la Table de concertation des produits non ligneux, bénéficie d’une subvention de près de 500 000 $ du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).Si l’on retrouve déjà des noisettes sauvages dans la région, on tente maintenant de trouver les meilleures variétés adaptées aux conditions que l’on retrouve dans les différentes MRC.« Dans un souci de productivité, on veut vraiment tester plusieurs cultivars qui ont été identifiés comme d’intérêt par le calibre de la noisette, la qualité de la noix », explique Maxime Tardif.

Le chargé de projet chez Biopterre, Maxime Tardif Photo : Radio-Canada/Simon Turcotte

De la friche à la noisette

L’implantation de noiseraies permet aussi d’accompagner les propriétaires de terres en friche qui souhaitent les revaloriser. Pour Julien Ouellet, qui possède une terre à La Pocatière, ce projet expérimental lui permet de profiter des conseils de biologistes expérimentés.

«Je ne suis pas quelqu’un issu de l’agriculture, donc ça me permet d’avoir une expertise qui m’accompagne là-dedans, si j’ai des problèmes. J’aime bien m’amuser sur la terre, mais je n’ai pas nécessairement toute l’expertise nécessaire.»

Julien Ouellet, participant au projet

Le biologiste responsable de la production maraîchère à la ferme La Manne Rouge de Rivière-du-Loup, Stéphane Lussier, se dit pour sa part très attiré par le côté expérimental de ce projet. Il ajoute que la noisette a un potentiel commercial certain, puisque très peu d’entreprises la produisent au Québec.

« Au Québec, les noisettes sont importées à 95 %, alors qu’il y a quand même beaucoup de ventes au Québec. Ça va être intéressant de voir si on est capable de faire pousser des noisettes commerciales ici », affirme M. Lussier.

Il faudra cependant attendre au moins cinq à six ans avant d’arriver à produire suffisamment de noisettes pour les commercialiser. Entre temps, Biopterre compte étudier les façons de les transformer.

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