La Ferme Casault cultive environ 125 acres de canola par année. Crédit photo : Gracieuseté de la Ferme Casault

Pour la Ferme Casault, située à Causapscal au Bas-Saint-Laurent, la culture du canola constitue un choix avantageux dans les rotations. En effet, non seulement le canola a un effet bénéfique sur les sols et la culture qui suivra, mais il s’avère également rentable.

« La demande est là, se réjouit Donald Bergeron, copropriétaire de la Ferme Casault avec sa conjointe et leurs trois fils. C’est tout vendu à Viterra, à Bécancour, qui est le plus gros acheteur dans l’est du Canada. Il y a possibilité de geler les prix et d’avoir des contrats d’avance. C’est très intéressant! »

Bon an mal an, la production moyenne de canola de l’entreprise familiale tourne autour de 1 à 1,3 tonne de rendement à l’acre. « On a un bon revenu à l’acre, souligne M. Bergeron. Comme on a déjà les équipements et les infrastructures pour récolter et manipuler le canola, c’est avantageux. » Sa conjointe Josée Paquet ajoute que le canola offre une option supplémentaire dans cette région « où l’on est confinés à l’avoine, à l’orge et au blé ».

Le canola procure un bénéfice agronomique à ces producteurs de grains, qui le sèment en rotation aux quatre ans. « Les racines sont bonnes pour défaire le sol », précise Mme Paquet.

Le fait que cette plante soit bien adaptée au climat de La Matapédia constitue un autre avantage. « C’est une culture qui aime la chaleur, mais pas trop, indique Donald Bergeron. C’est aussi une récolte qui s’entrepose bien et qui se fait par andainage. »

La Ferme Casault s’est dotée d’un centre de conditionnement et d’entreposage de grains en 2002.

Plus de soins

La production de canola vient cependant avec son lot de défis. « Ça demande un peu plus de soins que les autres cultures », fait remarquer Jonathan, l’un des fils du couple. Sa mère précise que cette plante nécessite « une bonne minutie aux semis et une bonne préparation ». Un chaulage des semis est nécessaire, tout comme un bon contrôle des mauvaises herbes.

Toutes cultures confondues, les superficies de la Ferme Casault s’étendent sur environ 500 hectares, y compris les fourrages d’herbes. L’entreprise produit majoritairement de l’orge et de l’avoine. Viennent ensuite les cultures de canola, de triticale et une quantité minime de sarrasin.

Au cours de la dernière saison, la ferme a cultivé environ 125 acres de canola. Pour la prochaine, les superficies de canola pourraient augmenter jusqu’à 150. « Il y a des années où on est montés jusqu’à 300 acres, se souvient Donald Bergeron. C’est vraiment selon les rotations. »

Donald Bergeron et Josée Paquet peuvent maintenant compter sur leurs trois fils, Jonathan, Mathieu et Alexandre, pour diriger la ferme avec eux. Crédit photo : Gracieuseté de la Ferme Casault

Un peu d’histoire

La Ferme Casault, qui tire son nom de la zone d’exploitation contrôlée (ZEC) et du lac situés à proximité, a vu le jour en 1895. La production laitière a toujours été au cœur de l’entreprise fondée par Ulysse Bergeron et qui compte environ 45 vaches en lactation. À la fin des années 1990, la ferme s’est lancée en production céréalière. Son centre de grains a vu le jour en 2002. « C’est pour répondre à la demande en production de semences et pour diversifier les revenus de l’entreprise qu’on a démarré le centre de grains », mentionne Donald Bergeron.

Depuis 2014, une cinquième génération assure la relève de l’entreprise : Mathieu, Alexandre et Jonathan sont devenus actionnaires avec leurs parents, qui tenaient les rênes de l’entreprise depuis 1987. « Il y a une belle passion dans ce qu’on fait », lance le paternel. « Une passion et un brin de folie », s’empresse d’ajouter Jonathan. La Ferme Casault et son centre de grains peuvent embaucher jusqu’à six employés saisonniers.

Qu’est-ce que le canola?

La plante oléagineuse qu’est le canola se démarque par sa très bonne adaptation aux climats frais. Si elle peut pousser dans les régions où la période sans gel varie de 80 à 120 jours, cela ne l’empêche pas d’être cultivée dans des zones plus chaudes. La régie doit cependant être adaptée en conséquence.

Le mot « canola » provient de la contraction de « Canadian oil », afin de le distinguer du colza traditionnel faisant également partie de la famille des crucifères. Parmi les trois types de canola de printemps (argentin, polonais et moutarde brune), l’argentin est le mieux adapté au Québec, où la production de canola a commencé à la fin des années 1980. Le Saguenay–Lac-Saint-Jean, le Bas-Saint-Laurent, la Chaudière-Appalaches ainsi que l’Abitibi-Témiscamingue sont les principales régions accueillant cette culture dans la province. À l’échelle du pays, par contre, les plus grandes productrices de canola sont les Prairies. 

Source : Producteurs de grains du Québec et Statistiques Canada

Source : La Terre de Chez nous

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