Lori-Anne Berthiaume est étudiante à la maîtrise en administration des affaires. (Photo : Jean-Christophe Girard Lemay)

Les femmes à la tête d’une entreprise agricole font encore figure de pionnières et rares sont celles qui sont titulaire d’un MBA. Étudiante à la maîtrise en administration des affaires, Lori-Anne Berthiaume confronte cette réalité et mène d’une main de maître la gestion administrative de l’entreprise familiale Ferme Porc S.B., une entreprise d’élevage porcin en croissance qui bénéficie de ses multiples talents en gestion.

Plus jeune, Lori-Anne Berthiaume avait imaginé sa carrière dans le domaine de la restauration comme chef-cuisinière. Ayant étudié en administration à l’UQAR pour avoir les compétences en gestion nécessaires à cette profession, elle n’aura finalement jamais poursuivi dans cette voie.

Cette femme issue du milieu agricole et mère de trois enfants a plutôt choisi le chemin tracé par ses parents. L’entreprise familiale, Ferme Porc S.B. spécialisée dans l’industrie porcine, lui a offert une première chance de travailler dans le domaine de l’administration, avant même la fin de ses études au baccalauréat.

« Il y a peu de filles dans le domaine de l’industrie porcine », mentionne Mme Berthiaume. « Dans mon cas, ce qui m’a attirée, c’est le nombre de défis à évaluer et à surmonter. Ma formation en finance m’a permis de mettre en application plusieurs connaissances dans l’entreprise. J’ai pu y changer plein de choses comme la comptabilité d’exercice et la façon de monter les budgets, de vérifier et d’améliorer plusieurs procédures. Par contre, j’ai rapidement fait le tour de l’entreprise. J’avais optimisé ce que je pouvais optimiser, je sentais que je stagnais et qu’il n’y avait pas de projets majeurs dans l’entreprise. »

Devant ce constat, Mme Berthiaume s’est intéressée aux programmes d’études de deuxième cycle qui pouvaient lui permettre de s’ouvrir à de nouveaux horizons et, par le fait même, d’aider son entreprise à se développer. Forte de son expérience en finance, elle a choisi de poursuivre ses études à la maîtrise en administration des affaires (MBA) pour accroître son expertise. « Au départ, j’ai fait ma maîtrise pour me challenger à nouveau. Mon intention était d’aller chercher des connaissances plus générales, une vision plus globale. »

Cette expérience l’a amenée au-delà de ses attentes. Certains cours lui ont d’ailleurs permis de découvrir des aspects jusque-là inexplorés et de mettre ses connaissances à l’épreuve dans son entreprise. Parmi ses apprentissages, Mme Berthiaume a appris à analyser son entreprise pour s’apercevoir ensuite de l’impact financier que pouvait avoir le secteur de la maternité sur l’ensemble de sa production et sur sa rentabilité. Après avoir fait des recherches et du travail d’équipe avec les autres étudiants de la cohorte, elle a pris un temps d’arrêt pour travailler sur la gestion de la croissance de son entreprise.

« Dans mon secteur, il faut avoir une vision globale. Le MBA a alimenté ma réflexion, ma pensée, ma façon de monter et d’analyser mes dossiers. Ma perception a changé. Je suis maintenant consciente des choses autour de moi et de la façon de gérer les risques. Le MBA m’a permis de monter d’un cran et m’a obligé à prendre une place que je n’occupais pas avant cela », explique l’étudiante qui terminera ses études en décembre prochain. »

Copropriétaire de l’entreprise familiale depuis qu’elle a 18 ans, Lori-Anne Berthiaume est actuellement en processus de transfert de l’entreprise pour en prendre le contrôle avec son frère François. « Avant cela, il me manquait quelque chose pour que le transfert se fasse aisément. Aujourd’hui j’ai l’impression d’avoir les deux mains sur le volant. Je suis prête. »

Son père restera toutefois à titre de président pour agir comme coach et mentor. Ferme Porc S.B. n’est pas une petite entreprise ; elle comprend plusieurs sites, près de 2000 truies, une maternité produisant 42 000 porcelets par année, dont 35 000 sont destinés à l’abattoir, et une meunerie produisant 14 000 tonnes de céréales par année. Des services sont également offerts aux plus petites entreprises tel que l’épandage de parcelles de terres ou l’approvisionnement de bêtes.

Quand on lui parle de projets d’avenir à moyen terme, Mme Berthiaume est prudente. « J’ai plein de projets en tête, mais j’en suis encore au stade de la réflexion. Avec les connaissances que j’ai acquises au MBA, j’arrive à me projeter dans l’avenir et je sais que j’ai une multitude de choix ! Mais pour l’instant, je me concentre sur le transfert avant d’aller plus loin. »

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