La MRC de Kamouraska connaît maintenant mieux les retombées économiques, sociales et environnementales du secteur mycologique. Un outil développé conjointement par Biopterre et le Centre d’initiation à la recherche et d’aide au développement durable (CIRADD) de Carleton-sur-Mer a permis de dresser un premier portrait cette année en 2020.

Cela fait déjà un moment que les principaux intervenants impliqués dans le développement de filière mycologique kamouraskoise désiraient évaluer les retombées de ce secteur d’activité. La chargée de projet au mycodéveloppement à la MRC de Kamouraska, Pascale G. Malenfant, rappelle que cette filière est mobilisée depuis maintenant 10 ans sur le territoire et se déploie aujourd’hui en trois secteurs d’activités majeurs : le bioalimentaire, le mycotourisme et les mycotechnologies.

« Identifier le nombre d’entreprises impliquées dans toute la filière mycologique, ce n’était pas vraiment ça le problème. Les impacts sociaux, économiques et environnementaux, par exemple, ça s’était un peu plus difficile à évaluer », résume-t-elle.

L’outil développé par Biopterre et le CIRADD est venu apporter des réponses à ces questions, en mesurant plusieurs aspects du secteur mycologique kamouraskois. Il permet notamment de colliger, analyser et comparer différentes informations obtenues auprès des acteurs du milieu par le biais de sondages rassemblant 190 indicateurs différents, dont 30 apportent des données chiffrables plus concrètes.

« Nous sommes très heureux des résultats, car nous avons enfin un diagnostic du secteur mycologique qui va nous permettre de suivre l’évolution du secteur au fil des ans, de dresser des comparatifs avec les années précédentes et de mieux orienter nos actions futures », poursuit Pascale G. Malenfant.

Faits saillants

Du portrait 2020, il ressort notamment que les retombées économiques du secteur mycologique sont d’environ 250 000 $ au Kamouraska. Toute la filière procure quant à elle de l’emploi à 112 personnes.

En matière de recherches et d’innovation, le portrait démontre clairement que le Kamouraska se distingue à ce chapitre avec un financement s’approchant des 250 000 $ reçus par une quinzaine d’entreprises évoluant dans ce créneau au cours des 12 derniers mois.

Le volet agroalimentaire, par la commercialisation et la mise en marché de 89 produits mycologiques différents, se distingue également et a engendré des revenus estimés à un peu plus de 150 000 $.

Le mycotourisme a de son côté attiré pas moins de 1400 cueilleurs accompagnés par 12 entreprises ou organisations différentes.

« Ce qui nous a vraiment frappé, c’est que 38 % de la population du Kamouraska s’est dite familière avec la mycologie, que ce soit récolter ou même manger des champignons. 64 % des répondants ont même signifié qu’il s’agissait d’un secteur d’activité économique qui les rendait fiers. Clairement, il y a une appropriation du concept à l’extérieur des cercles d’initiés », déclare la chargée de projets.

Approvisionnement

Pascale G. Malenfant mentionne qu’une des problématiques ressorties du portrait 2020 est la difficulté d’approvisionnement en champignons par les différents acteurs de la filière. Certains intervenants en transformation alimentaire doivent d’ailleurs s’alimenter à l’extérieur de la région, avoue-t-elle.

Différents facteurs naturels et humains peuvent expliquer cette situation. Un été plus sec que la normale ou le manque de cueilleurs sont autant des éléments qui auront une incidence directe à chapitre.

« Ce n’est pas problématique en soi, dans la mesure où le problème est clairement identifié et qu’on peut maintenant travailler à des solutions. »

Différentes choses sont d’ailleurs en train d’être mises en place afin d’y remédier. Renforcer la capacité des entreprises à cueillir et encourager certaines d’entre elles à se tourner vers la culture des champignons sont quelques-unes des avenues évaluées.

« Et la beauté de notre outil, c’est que le prochain diagnostic prévu en 2022 nous permettra d’évaluer si les solutions qui seront mises en place auront un impact positif auprès des acteurs de la filière », conclut Pascale G. Malenfant.

Source : Le Placoteux

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