La ferme La Dérive s’est associée avec AIBSL pour nourrir 12 familles de réfugiés et créer des liens avec elles. (Archives)
PHOTO : RADIO-CANADA / PRISCILLA PLAMONDON LALANCETTE

Offrir des légumes frais et locaux à des familles de réfugiés : c’est la mission que s’est donnée la Ferme La Dérive de Rimouski. L’initiative, mise en place en collaboration avec Accueil et Intégration Bas-Saint-Laurent, permettra non seulement de fournir en aliments frais une trentaine d’adultes et enfants originaires d’Afrique et d’Amérique du Sud, mais aussi de leur offrir découvertes et échanges autour de l’agriculture locale.

Les paniers de légumes seront remis aux familles une fois par semaine pour tout le temps des récoltes, soit pour sept ou huit semaines, indique l’une des membres de la Ferme de la dérive, Élodie Beaulac-Labelle.

Cette petite organisation, qui compte quatre jeunes membres motivés, a pour mission de rendre abordable la nourriture saine et écologique, notamment pour les personnes en situation de précarité, et de rendre ces aliments accessibles physiquement.

Plusieurs partenariats organisés avec la Ferme de la dérive ont dû être mis sur pause au début de la pandémie, et quand il est venu le temps d’en relancer, Accueil et intégration Bas-Saint-Laurent (AIBSL) a répondu à l’appel. J’ai trouvé ça très beau et très généreux, affirme de prime abord Colette Schoonbroodt, coordonnatrice des bénévoles à AIBSL.

Des bénévoles se sont ensuite engagés à faire le pont entre la ferme et les familles sélectionnées. Des livraisons de paniers sont prévues à Rimouski, mais AIBSL et la Ferme de la dérive souhaitent aussi faire découvrir la ferme et ses projets aux nouveaux arrivants, à l’occasion de visites ponctuelles.

Élodie Beaulac-Labelle explique que le projet cherche notamment à encourager l’intégration des participants et les échanges entre eux et les producteurs. Consommer de la nourriture locale, [savoir] comment la transformer, comment y avoir accès : [ça peut faire constituer] une difficulté d’intégration, illustre Élodie Beaulac-Labelle.

Cette dimension de rencontre de l’autre, sur la ferme, ça, je savais que [les familles] allaient beaucoup beaucoup aimer.

Colette Schoonbroodt, coordonnatrice des bénévoles à AIBSL
Colette Schoonbroodt coordonne les bénévoles à Accueil et intégration Bas-Saint-Laurent. (Archives)
PHOTO : JEAN-PIERRE PEROUMA

L’aspect éducatif sera donc au centre de cette démarche, question de faire découvrir des produits comme le persil, le radis ou le brocoli, que les Africains, par exemple, ne connaissent que très peu.

Colette Schoonbroodt précise aussi que les nouveaux arrivants qu’elle côtoie ont souvent un grand intérêt ou même une expertise en agriculture. Ils ont toujours fait ça dans leur vie, produire leurs aliments. C’est quelque chose aussi au niveau émotionnel qui est important et aussi au niveau nutritif.

On a trouvé ça vraiment tripant parce qu’il y a un grand échange qui peut [se faire].

Élodie Beaulac-Labelle, membre de la Ferme de la dérive

En Afrique, apparemment, les gens consomment beaucoup les feuilles des courges, les feuilles des haricots, par exemple, donc je vois vraiment un bel échange là-dedans, dans le sens qu’eux aussi, vont nous apporter beaucoup. [On va pouvoir] partager sur les différentes façons de cultiver et de consommer la nourriture. Je trouve que c’est très motivant de travailler avec AIBSL, ajoute-t-elle.

La Ferme de la dérive, organisme à but non lucratif, s’est installée à Sageterre, dans le secteur de Rivière-Hâtée.
PHOTO : ÉLODIE BEAULAC-LABELLE

En coordonnant également les paniers alimentaires solidaires de Moisson-Neigette avec la clientèle d’Accueil et intégration Bas-Saint-Laurent, Mme Schoonbroodt a constaté que l’alimentation transformée ou en conserve intéresse peu les nouveaux arrivants, bien moins que les aliments frais ou secs, qui leur permettent de cuisiner davantage les plats de leur culture.

Je suis moi-même une immigrante, ça fait 26 ans, et je cuisine encore avec les saveurs de mon pays. On n’oublie pas ça.

Colette Schoonbroodt, coordonnatrice des bénévoles à AIBSL

Les paniers, qui ont une valeur d’environ 25 $ chacun, se vendront au prix symbolique de 5 $, dans le but de créer un lien d’attachement avec la nourriture, d’éviter le gaspillage alimentaire et de développer l’autonomie des familles participantes, indique Élodie Beaulac-Labelle.

Source : Radio-Canada

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