De gauche à droite : Frank Chouinard, Alain Labrie et Dominique Paquette de la ferme Valdolain, Marie-Carmen Dumont de la Table de concertation bioalimentaire et Antonine Rodrigue du CRÉA. – Photo: Mario Pelletier

Dominique Paquette et Alain Labrie, propriétaires de la ferme Valdolain de Saint-Cyprien, approchent de la retraite et leurs trois enfants ont choisi de suivre un autre chemin. Pour s’assurer que le travail accompli jusqu’à maintenant sera perpétué de belle façon, ils ont opté pour le transfert non apparenté de leur ferme.

«On s’est posé la question : on arrête ou on continue?», a mentionné Mme Paquette. Au printemps 2014, ils embauchent un nouvel employé, Frank Chouinard qui a étudié à l’ITA de La Pocatière et grandi sur la ferme de son oncle. «Il faisait 50 kilomètres matin et soir pour travailler chez nous», a précisé la propriétaire.

«Nous avons débuté les démarches pour le transfert avec Frank à l’automne 2017. Nous essayons de déléguer de plus en plus à l’étable», a expliqué Alain Labrie à propos de la transition avec celui qu’il appelle un apprenti-propriétaire. Tous sont d’accord sur un point, ç’a cliqué entre eux. Frank Chouinard, 27 ans, a acheté la maison voisine de la ferme où il habite maintenant avec sa conjointe.

Ils se donnent dix ans pour compléter le transfert de la ferme comptant 55 vaches. «Nous voulons que ce soit gagnant / gagnant», a souligné Dominique Paquette. «Je prends de l’expérience et je connais de mieux en mieux l’entreprise. Dominique et Alain n’hésitent pas à m’impliquer lors de la prise de décision, c’est sécurisant de pouvoir apprendre ainsi», a indiqué M. Chouinard.

UN ENJEU IMPORTANT

Les propriétaires de la ferme Valdolain ont été invités à partager leur expérience le 25 janvier dernier au Centre d’études collégiales du Témiscouata à l’occasion d’une rencontre avec une quinzaine d’intervenants de différents organismes du Témiscouata, une activité organisée par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), en collaboration avec le comité relève de la Table de concertation bioalimentaire du Bas-Saint-Laurent.

Au Bas-Saint-Laurent, ce sont 652 entreprises à risque de démantèlement qui ont été identifiées sur 2070 exploitations agricoles, soit près d’une sur trois (31,5%). Cela signifie autant d’occasions possibles de transferts non apparentés. Les propriétaires, qui ont en général 55 ans et plus, souhaitent vendre d’ici cinq ans.

Au Témiscouata en 2017, on a dénombré 96 entreprises agricoles qui sont à risque de démantèlement (32 %) : 73 en acériculture, 13 en production bovine et 10 en production laitière. Les cinq municipalités les plus touchées sont Saint-Jean-de-la-Lande, Saint-Marc-du-Lac-Long, Saint-Juste-du-Lac, Lac-des-Aigles et Biencourt. Dans la MRC des Basques, le pourcentage des entreprises agricoles à risque d’être démantelées est plus élevé à 37 %, comparativement à 29 % dans la MRC de Rivière-du-Loup et à 27 % dans celle de Kamouraska. Notons que le transfert non apparenté n’est pas le seul choix s’offrant aux propriétaires sans relève, les producteurs voisins sont aussi des acheteurs potentiels.

DE L’AIDE

Les producteurs agricoles qui doivent passer par une relève non apparentée en agriculture ont de l’aide qui leur est offerte. Cette demi-journée d’information a d’ailleurs permis aux intervenants socioéconomiques de mieux connaitre les différentes ressources qui peuvent accompagner les propriétaires agricoles dans leur démarche. En tout, cinq rencontres sont prévues sur le territoire bas-laurentien pour les intervenants, entre autres pour les MRC des Basques et de Rivière-du-Loup le 21 février et la MRC de Kamouraska le 9 avril, de même que huit rendez-vous pour les producteurs agricoles.

Si le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) est le principal organisme œuvrant pour les agriculteurs, d’autres ressources ont été mises en place. Le centre régional d’établissement en agriculture (CRÉA) du Bas-Saint-Laurent a deux employées qui accompagnent les producteurs agricoles et les acheteurs potentiels dans leur démarche de transfert qui dure généralement entre deux et huit ans. L’ARTERRE est un autre organisme qui peut intervenir notamment avec sa banque de données et son service de jumelage entre des aspirants-agriculteurs et des propriétaires. Le Réseau Agriconseils met aussi plusieurs professionnels à la disposition des agriculteurs.

La Financière agricole du Québec est un intervenant important avec entre autres son programme vendeur-prêteur, une formule pour faciliter le transfert et qui permet d’amoindrir le risque pour le vendeur avec une garantie gouvernementale de 100 %. L’aspect financier s’avère un élément déterminant dans le transfert d’entreprises. Le ministère de l’Agriculture offre d’ailleurs un programme pour aider les jeunes qui démarrent en agriculture, une aide qui peut atteindre 25 000 $. Toutefois, plusieurs représentants d’organismes du Témiscouata ont souligné que la taille de plus en plus imposante des entreprises agricoles, notamment en acériculture, rend le transfert difficile pour des jeunes qui n’ont pas accès à un capital suffisamment élevé.

Pour plus d’informations, visitez le site web TransfererSaFerme.com ou par téléphone au 1 833 623-3763.

Source : Info Dimanche

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