Beaucoup de travailleurs temporaires du Mexique ou du Guatemala pourraient ne pas se rendre au Québec ce printemps.
PHOTO : ASSOCIATED PRESS / VINCENT MICHEL

En raison du coronavirus, des milliers de travailleurs étrangers temporaires risquent de ne pas être au rendez-vous pour planter et récolter les fruits et les légumes.

Le monde agricole et plusieurs ministères préparent une grande campagne de recrutement de main-d’œuvre québécoise, a appris Radio-Canada. Les chômeurs de l’hôtellerie, de la restauration et les étudiants pourraient être appelés en renfort dans les prochains jours.

Le temps presse pour les agriculteurs du Québec qui attendent 16 000 travailleurs étrangers temporaires, certains dès le mois d’avril.

Des résidents du Mexique, du Guatemala ou encore du Honduras risquent d’être bloqués dans leur pays en raison de la fermeture des frontières, d’être malades de la COVID-19 ou encore de décider de rester avec leurs proches.

Selon nos informations, le gouvernement planche sur un appel aux Québécois pour pourvoir les postes que devaient occuper les milliers de travailleurs étrangers qui ne seront pas au rendez-vous.

La situation la plus criante est dans la production de fruits et légumes, un secteur qui a besoin de bras pour planter, arroser, récolter, emballer…

Les producteurs maraîchers occupent plus de 75 % du marché local, indique le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau. Alors si on ne produit pas localement, il faudra importer les fruits et les légumes. Or, on ne sait pas s’ils seront disponibles et à quel prix.

Le ministère de l’Agriculture collabore avec le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale sur ce dossier, ainsi qu’avec l’Union des producteurs agricoles et Agricarrière afin de déterminer les besoins de main-d’œuvre, les qualifications requises et les formations nécessaires dans certains cas.

Le cabinet du ministre confirme être en train de préparer la logistique d’une éventuelle campagne de recrutement de main-d’œuvre québécoise via les différents centres d’emploi agricole sur le territoire du Québec.

La crise actuelle amène des défis importants, […] tous les scénarios sont présentement analysés.

Simon Bachand, directeur des communications du ministre de l’Agriculture

ll y a de gros producteurs qui attendent des dizaines, voire des centaines de travailleurs agricoles, explique Geneviève Lemonde, directrice générale d’Agricarrières, qui coordonne les Centres d’emplois agricoles au Québec.

Mais on veut surtout aider les petits producteurs agricoles qui attendent quelques travailleurs. Si eux en perdent, ça peut avoir un impact important, poursuit-elle.

Des incitatifs financiers

Le travail dans les champs et les fermes est difficile, il exige une force physique et mentale. Comment attirer des prestataires de l’assurance-emploi pour du travail au salaire minimum?

L’UPA aimerait que les Québécois appelés en renfort puissent être payés sans perdre leur assurance-emploi. Un incitatif financier des gouvernements est donc réclamé. Des discussions sont en cours avec Québec et Ottawa.

Il faudra une main-d’oeuvre stable, dit Marcel Groleau, on ne veut pas former de nouvelles personnes chaque jour.

Source : Radio-Canada

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