UPA« La vocation nourricière est au cœur des préoccupations des producteurs du Bas-Saint-Laurent », a déclaré le président de l’UPA du Bas-Saint-Laurent, Gilbert Marquis, en marge du congrès général annuel de la Fédération.

Réunis pour faire le point sur les défis agroalimentaires de l’heure, les participants ont réaffirmé leur volonté de produire des aliments frais et variés, de qualité supérieure. Les défis ne manquent pas pour atteindre cet objectif : la gestion des pesticides, la lutte aux ravageurs des cultures, le bien-être animal et le réchauffement climatique sont des enjeux qui font déjà partie du quotidien des producteurs. « Si nous avons les bons outils, nos entreprises agricoles ont le dynamisme, l’expertise et l’ingéniosité pour être compétitives sur tous les marchés », a ajouté le président de l’UPA, Marcel Groleau.

La demande alimentaire pour des produits de qualité est en forte croissance à l’échelle de la planète, mais la concurrence est féroce. « Pour profiter de ces opportunités au Québec et ailleurs dans le monde, les budgets et les mesures pour assurer la compétitivité de nos entreprises agricoles doivent être au rendez-vous », a continué M. Groleau, insistant sur le fait que les aliments de chez nous pourraient occuper encore plus de place sur les marchés québécois, canadiens et internationaux.

Les agriculteurs du Bas-Saint-Laurent ont besoin d’un signal clair du gouvernement québécois qui, contrairement à nos compétiteurs canadiens et internationaux, tarde à identifier l’agroalimentaire comme un levier économique important. « La contribution économique des 2 026 entreprises agricoles du Bas-Saint-Laurent est déjà substantielle. Pour aller plus loin, elles doivent pouvoir compter sur un appui compétitif de leurs gouvernants ». Malheureusement, ce signal tarde à venir. Le gouvernement nous entraîne plutôt dans une neuvième consultation depuis 2008.

Alors que l’Ontario mise fortement sur son secteur agroalimentaire, plusieurs décisions du gouvernement québécois nuisent à la pérennité agricole de la région et du Québec. À titre d’exemple, la facture assumée par les producteurs à la suite des changements proposés au Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA) augmentera en moyenne de 30 à 40 %, et ce, dès 2017. L’enjeu fondamental de ce dossier est la valeur taxable du foncier agricole. Tant que cette question ne sera pas abordée dans le cadre d’une véritable réforme, comme le réclame aussi la Fédération québécoise des municipalités du Québec, on passera à côté des véritables solutions. Dans les circonstances, l’UPA souhaite le maintien du PCTFA dans sa forme actuelle ainsi qu’une table de travail réunissant les organisations et les ministères concernés pour une réelle réforme de ce programme, dont les coûts ont explosés.

Retirer l’accès au programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) dans les productions de soya, de maïs et de pommes de terre est une autre mauvaise décision. L’ASRA est un programme de partage des risques qui protège les entreprises contre la volatilité des prix des marchés. La FADQ attend depuis plusieurs mois les directives du ministre pour mettre en œuvre les recommandations du Groupe de travail pour assurer le développement du secteur agricole et l’établissement des jeunes en agriculture. Lors de la dernière campagne électorale, l’agriculture était pourtant identifiée comme une priorité.

Des données inquiétantes pour le secteur agricole québécois

Lorsque l’on compare le secteur agroalimentaire québécois à celui du reste du Canada, et plus particulièrement à celui de l’Ontario, il y a des raisons d’être inquiet. Selon Statistique Canada, les dépenses en immobilisations dans le secteur agricole québécois sont en effet passées, entre 2006 et 2015, de 496 M$ à 609 M$ (+23 %). Pendant cette même période, elles sont passées de 1,6 G$ à 4,2 G$ au Canada (incluant le Québec) (+160 %). L’Ontario a quant à elle vu ses investissements doubler, de 722 M$ à 1,4 G$ (+ 94 %).

Autres statistiques inquiétantes : les dépenses en recherche et développement des entreprises du secteur agroalimentaire québécois ont diminué de 30 % entre 2008 et 2015, soit de 199 M$ à 139 M$ pour la transformation alimentaire et de 105 M$ à 73 M$ pour la production agricole.

L’agriculture québécoise est aussi aux prises avec un défi unique en matière de main-d’œuvre dont les conséquences sont bien réelles. Selon une étude récente du Conference Board du Canada, 1 emploi sur 12 était vacant dans le secteur en 2014, comparativement à 1 sur 36 dans tous les autres secteurs.

« Les producteurs du Bas-Saint-Laurent attendent depuis plusieurs années le dépôt d’une politique bioalimentaire québécoise. Il y a urgence d’agir, mais le gouvernement du Québec a tout reporté à 2018. Pendant ce temps, nos concurrents canadiens et internationaux se positionnent dès maintenant pour profiter des opportunités », a indiqué le président de l’UPA du Bas-Saint-Laurent.

« L’agroalimentaire québécois a déjà défini ses priorités : mettre en place un programme pour relancer les investissements sur les fermes, combler le retard en recherche et développement et s’attaquer à la pénurie de main-d’œuvre. Ce pelletage vers l’avant, jumelé aux mauvaises décisions des deux dernières années, n’aide pas les agriculteurs de chez nous à nourrir leurs concitoyens, bien au contraire » a conclu le président de l’UPA.

 

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