Entrepreneure bioalimentaire reconnue, Renée Paulin‑Leblanc est propriétaire de la Boucherie Centre‑Ville à Trois‑Pistoles et copropriétaire du Groupe ADEL, abattoir provincial, boucherie et distributeur, situé à Luceville.
Administratrice à la Table de concertation bioalimentaire du Bas‑Saint‑Laurent (TCBBSL) depuis deux ans, elle apporte au conseil d’administration une voix entrepreneuriale directement ancrée dans les réalités du terrain.
Peux-tu nous présenter ton parcours et ce qui t’a menée à t’impliquer au sein de la TCBBSL?
Renée P-L
Je suis propriétaire de la Boucherie Centre‑Ville à Trois‑Pistoles depuis bientôt onze ans, puis je suis aussi impliquée dans l’abattoir de Luceville. Ce sont deux réalités très différentes : la boucherie c’est une entreprise qui est bien établie, qui a connu une croissance vraiment impressionnante, alors que l’abattoir représente davantage les défis que vivent beaucoup d’entreprises en alimentation en ce moment. Ce qui a toujours été important pour moi, c’est de travailler la viande de façon cohérente, notamment en valorisant les carcasses entières, autant à la boucherie qu’à l’abattoir, et en m’adaptant à la réalité d’un petit milieu.
Quand le Groupe ADEL a repris l’abattoir, c’était clair pour nous qu’on ne pouvait pas faire ça tout seuls dans notre coin. C’était important d’être assis avec les autres acteurs du milieu, de comprendre ce qui se passe ailleurs et de participer aux réflexions collectives. C’est comme ça que je me suis impliquée à la TCBBSL : pour rester connectée au terrain, mais aussi pour contribuer, à notre façon, au développement du secteur bioalimentaire dans son ensemble.
Quand on parle de concertation, qu’est‑ce que ce mot signifie concrètement pour toi?
Renée P-L
Si je devais nommer une expérience concrète de concertation, je nommerais la Table. C’est notre capacité de travailler ensemble et de tirer le meilleur des expériences de chacun. Les gens ici ne parlent pas pour rien dire : ils parlent pour apporter leurs compétences là où ils sont les plus compétents. On va vraiment chercher le meilleur de chacun des membres du C.A.
Selon toi, la concertation a‑t‑elle des impacts réels et tangibles dans le secteur bioalimentaire?
Renée P-L
Oui, clairement. C’est comme si on mettait énormément d’expérience en alimentation dans un même chapeau, en très peu de temps. Ce que je trouve particulièrement fort à la TCBBSL, c’est que ce n’est pas juste de la discussion : la TCBBSL porte des projets concrets qui se rendent jusqu’au bout. Une Table qui paraît pas concrète, mais qui porte des projets concrets, c’est rare — et c’est précieux.
Pourquoi une entreprise gagne‑t‑elle à s’impliquer dans une table de concertation comme la TCBBSL?
Renée P-L
Je compare souvent ça à l’école. Des fois, tu ne comprends pas pourquoi tu es assis là, mais ces connaissances‑là viennent s’imprégner chez toi. Plus tard, tu te rends compte de l’impact. Être assise à la Table de concertation bioalimentaire du Bas-Saint-Laurent, apprendre ce qui se passe ailleurs, ça donne des idées, ça fait aussi que les gens apprennent à nous connaître. Le réseautage, c’est vraiment ce qui fait la différence dans une carrière, mais aussi dans un milieu.
Qu’est‑ce que la TCBBSL apporte que les entreprises ou les organisations membres ne pourraient pas obtenir seules?
Renée P-L
C’est comme une immense banque de données. Tous les gens qui gravitent autour de la Table, ce sont des ressources. Si demain matin j’ai un problème avec mon entreprise, je sais qu’il y a beaucoup de ces personnes‑là qui pourraient m’aider. On est beaucoup plus proche des acteurs et des leviers qu’on pourrait mobiliser en cas de pépin.
Quelle est ta vision pour l’avenir du secteur bioalimentaire au Bas‑Saint‑Laurent?
Renée P-L
Je souhaite voir de plus en plus de petites et moyennes entreprises bioalimentaires solides et pérennes. L’autonomie alimentaire passe par des entreprises qui travaillent ensemble pour dynamiser le territoire. Et j’aimerais qu’on valorise davantage nos métiers : que ça devienne la norme de vivre de l’alimentation, avec une vraie fierté du savoir‑faire, de la ferme à la table.
En 2026, Renée s’est illustrée à l’échelle provinciale, à travers le film documentaire La bouchère de Trois‑Pistoles, qui a contribué à faire rayonner son entreprise, mais aussi le savoir‑faire et les valeurs du secteur bioalimentaire du Bas‑Saint‑Laurent, bien au‑delà de la région.