Au Bas-Saint-Laurent, l’absence d’abattoir spécialisé dans la volaille oblige les producteurs à recourir à des installations à l’extérieur de la région, ce qui les amène souvent à parcourir plus de 700 km. Cette situation occasionne des coûts supplémentaires, réduit la rentabilité des entreprises, freine le développement de la filière avicole régionale et limite l’accès à de la viande blanche locale pour les consommateurs bas-laurentiens.
Pour les entreprises éloignées des abattoirs, chaque expédition oblige à jongler entre distance, fréquence et rentabilité, ce qui représente un frein logistique observé par le milieu depuis plusieurs années sans être parvenu à le résoudre.
Ce que prévoit l’étude
Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) vient de confier un nouveau mandat à la Table de concertation bioalimentaire du Bas-Saint-Laurent (TCBBSL). L’étude prendra la forme d’un diagnostic complet de la situation actuelle, appuyé sur une cartographie des besoins du milieu et débouchant sur des pistes de solutions concrètes.
L’étude de faisabilité permettra de brosser un portrait de la situation actuelle et de déterminer le potentiel de développement. Elle visera aussi à analyser des modèles existants transférables aux réalités régionales, d’identifier les conditions de succès dans le respect des exigences en bien-être animal, et de déterminer un modèle adaptable à la région. Tout ceci permettant de formuler une recommandation pour la mise en œuvre d’une solution de transport mutualisé de nos volailles vers les abattoirs extérieurs à la région.
Trois grandes étapes jalonneront la démarche : la mise sur pied d’un comité de travail, la mobilisation d’acteurs clés du milieu à commencer par des producteurs, puis la réalisation d’une analyse documentée, appuyée sur des données et des études existantes.
Une région qui importe l’essentiel de son poulet
Au Bas-Saint-Laurent, le poulet occupe une place importante dans l’alimentation, représentant 43 % de toute la viande consommée. Cependant, la région ne produit qu’environ 1 % du poulet qu’elle consomme. (Source : Rapport intermédiaire portrait bioalimentaire)
Dans un contexte où l’amélioration de l’autonomie alimentaire régionale est devenue une priorité partagée, le développement de la filière avicole s’impose comme un chantier majeur. Pour rappel, la région s’est engagée dans le projet FabRégion qui vise à produire au moins 50% de ce que nous consommons localement (Source : generateur de trajectoire-se nourrir). Par le passé, plusieurs pistes ont été explorées, notamment l’option d’un abattoir mobile et celle d’un abattoir sous inspection permanente, sans qu’aucune ne débouche sur une solution viable à court ou moyen terme. Dans ce contexte, nous croyons que l’optimisation de la logistique de transport vers les abattoirs extérieurs à la région serait l’option la plus réaliste et la plus pérenne pour soutenir la croissance de la filière.
Prendre part au projet
Alexandre Decoste, chargé de projet en développement stratégique à la TCBBSL, est responsable de cette étude. Les entreprises, partenaires et producteurs de volaille intéressés à en savoir plus ou à contribuer à la démarche peuvent le joindre à cette adresse : developpement@tcbbsl.org
Au terme du projet, une documentation étoffée de la démarche sera rendue publique, présentant les résultats de l’étude et ouvrant la voie à un possible déploiement vers une phase 2.
Ce projet est financé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.
