Une 2e année pour les coupons nourriciers

Vu les impacts positifs qu’a eu le projet en 2025, les coupons nourriciers reviennent en force cet été. Plus de ménages touchés, plus d’organismes partenaires et une meilleure organisation suite aux apprentissages de la première saison.  

L’économie actuelle est impitoyable pour une portion grandissante de la populationLes prix flambent, des rêves partent en fumée et les finances deviennent un sujet brûlant. Dans ce déluge de dépensesde plus en plus de gens ont de la difficulté à se maintenir la tête hors de l’eau. Dans le secteur bioalimentaire, cette réalité donne lieu à deux problématiques majeures : d’un côté, l’insécurité alimentaire grandit face aux prix des denrées, et de l’autre, nos producteurs agricoles régionaux en arrachent. Comment concilier les deux ?  

Marché public de Rimouski

C’est dans ce contexte qu’intervient le programme des coupons nourriciers. Le principe ? Fournir à des familles à plus faibles revenus un certain montant sous forme de bons d’achat, qu’elles peuvent dépenser dans les marchés publics ou des kiosques fermiersAinsi, on permet à plus de gens de se payer des produits locaux de grande qualité, en même temps que d’aider les producteurs d’ici en favorisant le circuit-court. 

Un concept qui a fait ses preuves

Cette idée ingénieuse a déjà porté fruits ailleurs, par exemple en Colombie-Britannique, où plus de 30 000 ménages bénéficient du Farmers’ Market Nutrition Coupon Program, lancé en 200et financé depuis 2012 par le ministère de la Santé de Colombie-Britannique. Il existe également des programmes semblables au Manitoba et en Nouvelle-Écosse. Ce n’est donc pas une lubie irréalisable, un coup de pelle dans un nuage, c’est une solution concrète à un problème concret, et il n’y avait aucune raison que ça ne fonctionne pas chez nous aussi. C’est le pari qu’a fait l’Association des Marchés Publics du Québec (AMPQ), de pair avec le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA).  

Un premier bilan encourageant

Comme de fait, on a désormais la preuve que c’est possible, grâce aux efforts de tous ceux qui se sont mobilisés. L’été dernier, deux projets pilotes ont été lancés : l’un dans la MRC de Portneuf, et l’autre dans quatre MRC du Bas-Saint-Laurent (La Mitis, le Kamouraska, Rimouski-Neigette et la Matanie). C’est bien-sûr avec grand plaisir que la Table a accepté de coordonner ce projet régional motivant. Sur le terrain, plusieurs organismes communautaires se sont occupés de la distribution des coupons et du suivi avec les familles. Tout ce travail collectif a mené à des résultats très encourageants. 

D’un côté, il y a les chiffres : 41 000 $ de coupons, 91 ménages touchés (un total de plus de 500 personnes) et un taux d’utilisation de 91 %. Mais derrière ça, il y a aussi des témoignages touchants, qui prouvent que la différence fut réelle pour les familles concernées. C’est cette partie-là qui galvanise le plus les troupes et qui donne envie de continuer ce projet. Les bénéficiaires ont pu accéder plus facilement à des produits moins transformés, des produits qu’ils ont choisis eux-mêmes, ainsi qu’à des petits plaisirs qu’ils n’auraient pas pu s’offrir autrement. Certains ne s’étaient pas acheté des légumes frais depuis très longtemps. Plusieurs ont également brisé l’isolement qu’ils vivaient auparavant, en découvrant pour la première fois de leur vie ce beau lieu communautaire qu’est le marché public, où ils ont pu parler directement aux producteurs et même aux autres clients, ce qui change grandement de l’expérience impersonnelle de l’épicerie. C’est aussi pour eux une vitrine passionnante sur le monde agricole, ainsi que sur un univers culinaire qu’ils ne croyaient pas accessible.

D’un point de vue économique, les retombées d’un tel projet ne sont pas négligeables pour la région. En effet, il s’agit d’une nouvelle clientèle pour les producteurs locaux. Certains ont même identifié des opportunités d’affaire avec certains légumes qui sont plus en demande chez les personnes immigrantes, par exemple. Les marchés publics bénéficient également d’un plus grand achalandage. Bref, les coupons, c’est de l’argent investi à la bonne place, pour aider les gens d’ici.

Pour en savoir plus sur le bilan 2025 :  Bilan synthèse_Coupons nourriciers  

Visuels des coupons nourriciers en 2025
Visuels des coupons en 2025 pour chaque MRC

Et maintenant, où en sommes-nous ?

Bonne nouvelle : le projet est reconduit cet été 2026 ! Après le départ de Maude-Alex St-Denis-Monfils, c’est Kalil Mnarsi qui a pris la relève comme coordonnateur régional à la Table de concertation bioalimentaire du Bas-Saint-Laurent (TCBBSL). Les MRC impliquées demeurent les mêmes qu’en 2025, avec certaines particularités dans le déploiement du projet selon le contexte local. Par exemple, en plus des marchés publics, les gens de La Mitis et du Kamouraska pourront utiliser leurs coupons dans des kiosques fermiers. Quant au nombre de familles, il passe de 90 à près de 130*, soit 40 de plus. D’autres organismes communautaires se sont également ajoutés à l’équipe pour répondre aux besoins de cette expansion. Par ailleurs, les apprentissages de l’année derrière auront permis de s’ajuster.  

*en date de la publication

L’avenir du projet

Évidemment, notre rêve est de voir ce projet se déployer à la grandeur de la province. Quoi qu’il advienne, nous souhaitons à tout le moins le pérenniser dans tout le Bas-Saint-Laurent. Le but à terme serait également d’élargir l’accès aux coupons à tout le monde, en offrant une version payante pour la population générale (par exemple, les gens pourraient payer 20 $ et recevoir 30 $ de coupons).  

Pour l’instant, il s’agit encore d’un projet pilote. Si tout va bien, les deux prochaines années seront consacrées à l’élargissement et la consolidation. Or nous espérons qu’il aura le soutien nécessaire pour être mené jusqu’au bout. Avec des impacts aussi nombreux et positifs, on ne voit pas pourquoi ça ne serait pas possible. C’est probablement le plus beau projet que la TCBBSL a porté jusqu’à maintenant, tellement gagnant-gagnant, profitable pour toute la région et rempli de sens.  

« C’était extraordinaire pour le moral d’avoir accès à des produits que je ne m’achète jamais en temps normal, comme des aubergines, des cantaloups du Québec, de l’ail du Québec. »  

– Personne participante 

« Une femme immigrante nous a partagé sa surprise et son émerveillement après avoir acheté des tomates fraîches au marché public. Elle a raconté que cela avait complètement transformé le goût de ses sauces, beaucoup plus savoureuses que celles qu’elle préparait auparavant avec des tomates en conserve pour nourrir sa famille. » 

 Représentant·es d’organisme communautaire 

Légumes frais dans un marché
Les légumes frais étaient les produits les plus populaires chez les participants

Remerciements

La TCBBSL remercie tous ceux qui l’aident à porter la réalisation du projet cet été : 

  • Le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) et la chercheure Stéphanie Lessard, chargée de projet 
  • Moisson Kamouraska, porteur du projet dans le Kamouraska 
  • Le Marché public de la Grande-Anse, porteur du projet à La Pocatière
  • Le Marché public de Ste-Flavie, porteur du projet dans La Mitis 
  • Le Marché public de Rimouski, porteur du projet dans Rimouski-Neigette 
  • Le Marché public de La Matanie, porteur du projet dans La Matanie 
 

Merci aux organismes communautaires participants :  

  • SANAM de La Matanie 
  • Espace Avenir 
  • Accueil et intégration BSL – Rimouski-Neigette 
  • Accueil-Maternité – Rimouski-Neigette 
  • Maison des Familles de Rimouski-Neigette 
  • Office d’Habitation de Rimouski-Neigette 
  • Centre-femmes de Rimouski 
  • Je raccroche 
  • Moisson Kamouraska 
  • Centre Accueil Partage Saint-Pascal 
  • Accueil et intégration BSL – La Mitis 
  • Centre Femme Mitis 
  • Pivot-Famille Mitis 
 

Merci aux marchés et kiosques participants : 

  • Marché public de La Matanie 
  • Marché public de Rimouski 
  • Marché public de la Grande-Anse – La Pocatière 
  • Marché public – Place de l’Expo à Saint-Pascal 
  • Marché public de Ste-Flavie 
  • Marché public des Hauts-Plateaux 
  • Ferme Cybèle 
  • Jardins Harencia 
  • Chèvrerie des Belles Amours 
  • Ferme les Serres de Tomates R. Santerre 
  • Ferme La Vallée de la Framboise 
  • Ferme Brouette et Courgettes 
 

Merci à nos partenaires financiers : 

  • Moisson Kamouraska 
  • COSMOSS
  • Desjardins
  • MRC de La Mitis 
  • MRC de Rimouski-Neigette 
  • MRC de La Matanie 
  • Le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie du Québec 
  • Alliance pour la solidarité du Bas-Saint-Laurent 
  • Le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale 
  • La fédération de l’UPA du Bas-Saint-Laurent 
  • L’UPA régional de La Mitis 
  • L’UPA régional de Rimouski-Neigette 
  • Unoria Coopérative 
  • Pascal Bérubé, député 
  • Maxime Blanchette-Joncas, député